Sénégal : une plateforme pour entreprendre

Disponible jusqu'au 30/05/2027 - 15:00Disponible jusqu'au 30/05/2027
Inter’Actes ou comment mettre les femmes en réseau et attirer les investisseurs.
Mener une interview.
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Adultes
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Vocabulaire : dans l’entreprise
Vocabulaire : économie
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Contenus complementaires
    Quand sortir du secteur informel devient une nécessité, une plateforme sénégalaise aide les entrepreneures à développer leurs activités.
    Chaîne d'origine
    TV5MONDE
    - Modifié le
    10/08/2021
    Denise Époté
    Le numérique pour accompagner les femmes chefs d’entreprise, c’est le but de la plateforme digitale Inter’Actes qui vient d’être lancée au Sénégal. Pour celle qui est appelée « Madame Digital », la plateforme va surtout servir à valoriser les femmes qui évoluent dans le secteur informel. Mariam Kamara Diop, bonjour.
    Mariam Kamara Diop
    Bonjour.
    Denise Époté
    Quelle est la genèse d’Inter’Actes ?
    Mariam Kamara Diop
    La genèse d’Inter’Actes, c’est partir du constat que les femmes ne sont pas visibles lorsqu’elles entreprennent. Elles entreprennent en Afrique, partout en Afrique, particulièrement en Afrique de l’Ouest, nous sommes. Elles entreprennent depuis longtemps. Elles sont présentes, elles sont présentes dans la classe active mais elles ne sont pas visibles pour plusieurs raisons. Il y a des contraintes qui sont d’ordre socioculturel, il y a des, il y a des contraintes aussi qui sont liées à l’environnement qui ne facilite pas en fait la participation des femmes dans cette économie. Et on parle beaucoup de croissance mais elle n’est pas à notre…, sous notre regard, elle n’est pas assez inclusive. Les femmes sont présentes, elles doivent être prises en compte et le but de la plateforme Inter’Actes, c’est de leur donner un espace elles seront non seulement visibles mais elles seront aussi dans un réseau qui pourra leur permettre, qui pourra leur permettre d’aller un peu plus loin dans leur potentiel.
    Denise Époté
    Mais alors, la mise en réseau, nécessite quand même, suppose, qu’au départ les femmes aient quelques notions d’informatique. Comment fait-on ?
    Mariam Kamara Diop
    Oui, alors c’est là…
    Denise Époté
    Pour ces femmes qui sortent de l’informel ?
    Mariam Kamara Diop
    Oui, alors, c’est là, c’est ce qui est intéressant. Notre constat encore, c’est aussi qu’on n’est pas parti très loin en profondeur dans l’analyse de terrain. Il y a beaucoup d’études qui ont été faites, il y a beaucoup, il y a des experts, des institutions qui se spécialisent donc dans l’accompagnement des femmes, que ce soit en zone rurale ou dans les différentes, dans les différents secteurs, secteur agricole, etc. Mais ce qui est certain, c’est qu’avec la pénétration du mobile en Afrique, particulièrement en Afrique de l’Ouest, les femmes ont réussi à utiliser l’outil technologique tel que le portable bien que dans certaines zones elles ne soient pas alphabétisées. Lorsqu’elles ont accès aux outils technologiques, elles s’adaptent, elles prennent de nouvelles…, elles adoptent de nouvelles attitudes et elles allègent leur charge de travail, elles sont plus productives, etc. 
    Denise Époté
    Alors, mais comment rendre plus visible et augmenter les capacités des femmes afin qu’elles soient autonomes financièrement parce que l’objectif, c’est ça, c’est ça ?
    Mariam Kamara Diop
    Exactement, exactement. Je pense que nous, nous jouons notre partition. Notre intention et notre mission à travers la plateforme, c’est d’abord de créer l’espace qui va être visible. On a la capacité de pouvoir attirer les décideurs, attirer les médias, attirer les institutions d’aide au développement et, bien entendu, les politiques publiques et les programmes publics, donc l’État, pour pouvoir écouter et voir concrètement les histoires de vécus, de parcours et des problèmes réels. Ce n’est pas que cela n’ait pas été fait mais on pense que la manière dont c’est fait…
    Denise Époté
    On peut encore faire mieux.
    Mariam Kamara Diop
    On peut mieux faire, exactement.
    Denise Époté
    Mais, quelles sont les pistes justement pour mieux les accompagner parce qu’on sait que le Sénégal est souvent cité en exemple en matière de microfinance mais on l’a vu tout à l’heure, vous veniez de le dire, ce n’est pas la panacée pour les femmes parce qu’elles ont toujours beaucoup de mal à rembourser les crédits vu les taux d’intérêt mais comment mieux les accompagner ? Quelles politiques peuvent être mises en place ?
    Mariam Kamara Diop
    Alors, nous avons écouté, nous avons observé, nous avons regardé un tout petit peu le secteur et nous avons été conseillées. Comme je vous l’ai dit, nous avons des experts qui nous présentent un tout petit peu les acquis mais aussi les défis. Et, bien entendu, il y a des fonds, il y a des fonds d’investissement dédiés spécifiquement aux femmes qui peuvent être mis en place, qui peuvent être spécifiquement, qui peuvent cibler, et puis qui peuvent cibler la versatilité de la femme commerçante. On ne peut pas cantonner la femme, quand on dit la femme donc «entreprendre au féminin à l’ère du numérique », on parle, on veut mettre dans la discussion, dans la problématique, le fait qu’il y a une économie numérique de grande distance et qui propose des atouts qui peuvent bénéficier aux femmes. Donc l’idée, c’est de dire certaines pistes de solution qui ont été essayées mais qui n’ont pas pu produire des résultats, c’est créer des fonds qui vont spécifiquement cibler les femmes qu’elle soit en zone rurale, qu’elle soit en zone urbaine, qu’elle soit jeune, débutante ou qu’elle soit une femme qui a déjà un parcours mais qui a besoin d’aller plus loin que elle est. Donc les fonds pour moi, c’est primordial. En Afrique francophone, les femmes souffrent encore plus d’accès aux financements. Alors déjà elles ont, elles ont des problèmes, des difficultés à pouvoir avoir des accès aux financements parce que certainement elles n’arrivent pas à communiquer, à vendre, à faire des stratégies de marketing, à pouvoir faire tout, tout ce qu’on fait lorsqu’on dit qu’on…
    Denise Époté
    Parce qu’en travaillant dans l’informel, généralement, elles ont du mal à fournir les garanties qu’exige la banque.
    Mariam Kamara Diop
    Exactement, il y a des, on est dans des États, des sociétés de droit, évidemment il faut se plier aux règles qui s’imposent, mais certainement…
    Denise Époté
    Mais, mais au fond, est-ce qu’elles veulent vraiment sortir de l’informel ? Parce que pour elles, il y a un risque.
    Mariam Kamara Diop
    Bien sûr…
    Denise Époté
    Quitter l’informel pour passer à des structures connues, enregistrées, c’est s’exposer à des taxes.
    Mariam Kamara Diop
    Oui mais tel que nous l’avons, encore une fois, en écoutant les femmes, celles qui sont dans le commerce depuis un moment, vous disent : « le marché change. À l’époque, j’avais pas besoin même de la banque pour faire un prêt parce que je pouvais prendre deux, trois containers je ramène ».
    Denise Époté
    Parce que le système parallèle qui marche aussi, celui des tontines…
    Mariam Kamara Diop
    Exactement, exactement.
    Denise Époté
    C’est une source de financement non négligeable.
    Mariam Kamara Diop
    Exactement. Mais aujourd’hui, elles-mêmes, elles… alors on l’a remarqué que les femmes qui sont plus âgées, priorisent la mise en réseau, le réseautage donc à travers les groupements de femmes, les tontines, et elles-mêmes elles disent « euh, on ne peut plus faire comme on faisait avant, on est obligées d’aller vers les banques parce qu’il faut, pour pouvoir vendre plus, acheter plus, on a besoin d’accompagnement parce qu’il y a…, l’économie a changé depuis les années 80 ou 90. »