Première Guerre mondiale : les débuts

Comment les soldats français vivent-ils le début de la guerre ?
Rédiger une lettre.

Raymond Abescat

Le 21 août, nous sommes arrivés à la frontière belge, on devait cantonner dans un village qui s’appelait Signeulx. Mais on n’a pas cantonné, parce qu’à ce moment-là, nous avons entendu des coups de fusil sur notre gauche. Il y avait un régiment, qui était avant nous, qui était attaqué par les Allemands, déjà à ce moment-là, le 21 août 14… Alors ça fait qu’au lieu de cantonner, nous sommes restés en pleine campagne, à guetter pendant toute la nuit. Et puis le lendemain matin, il y avait un grand champ qui avait été fauché, il y avait des meules de paille, comme ça. 
Le lendemain matin, il y avait un colonel qui est devenu notre colonel par la suite, qui a voulu absolument qu’on attaque les Allemands qui étaient déjà retranchés. Il ne s’est pas préoccupé du temps, on était dans le brouillard, on ne voyait rien du tout. Il nous a fait attaquer les Allemands. Mais les Allemands étaient déjà en position, ils avaient fait presque des tranchées. Heureusement, il y a eu un régiment qui est passé avant nous, ils ont été plus abimés que nous… On a été reçu avec les mitrailleuses qui nous ont… Le champ, c’était un orage de grêle horizontal, par les balles. Alors, le régiment qui était devant nous, ils sont revenus à 7 sur 250. Et le mien, nous sommes arrivés à 80 sur 250. Ça a été une véritable boucherie. À la fin de cette première bataille, quand on s’est vus complètement décimés, on s’est dit : « si ça dure comme ça, ça pourra pas durer longtemps ». C’était une véritable hécatombe, avec les mitrailleuses, on était fauchés comme des lapins. 
Et par la suite, le colonel qui avait ordonné cette attaque-là, a été nommé colonel de notre régiment, le 113. Arbanère, qu’il s’appelait, je me rappelle toujours son nom. C’était une brute galonnée, en plein… Quand on était dans l’Argonne dans la tranchée, lui était toujours à l’arrière, le revolver au poing, et tous ceux qui cherchaient à se dissimuler, il tirait dessus. C’était une brute, absolument. On ne s’imaginait pas ce que c’était. Il a fallu qu’on soit sur le terrain pour s’en rendre compte. 
 

Partis à la guerre pour défendre leur patrie, les soldats pensent qu’elle sera courte. Mais ils n’ont aucune idée de la puissance de feu de l’armée adverse.

Ce dispositif pédagogique a reçu le label « Centenaire ».

Chaîne d'origine : TV5MONDE

Publié le - Modifié le

Liens :


Ressources pédagogiques

B1

B1 intermédiaire Voir les fiches

  • Regarder
  • Vocabulaire : expressions idiomatiques / proverbes
  • Vocabulaire : guerres
  • Vocabulaire : sentiments
  • Écouter
  • Écrire

Contenus complémentaires

Média

  • Vidéo - Témoignage de Raymond Abescat : 21 août 1914

  • Vidéo - Entretien avec Jean Pierre Verney : les débuts

Fiches pédagogiques réalisées par : Hélène Griffaut (Alliance française de Bruxelles-Europe)