Mouvement scout : un effort sans frontières ?

Quand est né le mouvement scout et quels sont ses objectifs ?
Découvrir l’origine, l’évolution et les objectifs d’un mouvement en plein essor.

LE CONTEXTE

 

Bienvenue sur Géopolitis. C’est le plus grand mouvement de jeunesse au monde ! Et si je vous dis qu’il a été fondé en 1907 par un certain Robert Baden-Powell, vous aurez tout de suite compris qu’il s’agit du mouvement Scout. Des scouts, il y en a près de 40 millions, dans 162 pays. Un mouvement qui est en plein essor. Surtout, et cela ça c’est nouveau, surtout en Asie !

On estime que depuis les temps héroïques de Baden-Powell, 500 millions d’êtres humains ont fait ou font du scoutisme. Parmi les grands noms, disons chez les gens célèbres et bien, ont été scouts : Ban Ki-Moon, Bill Gates, Paul McCartney, Keith Richards, Neil Armstrong ou encore le roi de Suède. Mais ce n’est pas là le plus important ! Voyez-vous, on croit tout savoir sur le mouvement scout, tout sauf ceci : le pays qui actuellement compte le plus de scouts, c’est l’Indonésie. C’est ainsi : le plus grand pays musulman du monde est devenu le plus grand foyer de scouts du monde.

Il convient ici d’en finir avec le lien soi-disant exclusif qu’on fait en Europe entre scoutisme et christianisme ; de même, on doit écarter le parallèle trop facile entre scoutisme et militarisme. Les scouts, éclaireurs, guides, louveteaux, routiers et autres pionniers, la terminologie varie selon les tranches d’âge et les pays, et bien, tous ces jeunes, chrétiens, musulmans, juifs, hindous, bouddhistes, laïcs, ou autres, tous ont prononcé cette même promesse de : « faire mon devoir, mon devoir envers moi-même et mon devoir envers les autres ».

 

Tous ces scouts du monde entier, on les a vus et entendus dans le courant de cet été, au Japon, lors de cet événement qui, tous les 4 ans, marque la vie du mouvement, le fameux Jamboree. 34 000 scouts de 150 pays réunis dans un magnifique parc national, celui de la préfecture de Yamaguchi, au sud du pays. Avec comme thème principal « un esprit d’unité », et puis, bien sûr toutes sortes d’ateliers de réflexion, comme la protection de l’environnement et le respect des droits de l’homme. Unité et aussi diversité, ce qui n’est pas incompatible. Deux caractéristiques qui définissent bien le scoutisme actuel. Prenons l’exemple de la France qui offre une diversité tout simplement remarquable avec, d’ailleurs en 10 ans, une hausse des adhérents de 23 %. Regardons ces chiffres : les Scouts et Guides de France revendiquent 74 000 inscrits, les Éclaireurs et Éclaireuses de France en comptent 35 200, les Scouts et Guides d’Europe, 30 000, les Scouts musulmans de France, 3100, les Éclaireurs et Éclaireuses israélites : 4000 adhérents. Enfin, les Éclaireurs unionistes, c’est-à-dire protestants, 6000, plus 5000 pour les évangélistes Et les derniers venus et bien ce sont les Éclaireurs de la nature, d’inspiration bouddhiste, avec quelque 200 fidèles. Arrêtons ici les statistiques, qui ont leur valeur de démonstration, pour en revenir au fondement du scoutisme. Baden-Powell était très clair à ce sujet : dès le début, il défendait un système de valeurs fortes telles que solidarité, entraide, respect, respect de l’autre, mais aussi respect de la nature. Quant à la spiritualité, la religion, c’était, disait Baden-Powell, c’était à la famille de l’enfant de faire son choix.

 

LE REPORTAGE

 

L’aventure Baden-Powell

 

L’idée même du scoutisme date de la seconde guerre des Boers, en Afrique du Sud, au cours de laquelle Robert Baden-Powell sert son pays, l’Angleterre, comme officier de commandement. Le militaire, qui doit libérer une ville assiégée, a l’idée d’utiliser un certain nombre de jeunes de la ville comme observateurs, messagers, sentinelles et éclaireurs. Voilà l’origine du mot scout, qui, en anglais, veut dire « éclaireur », un mot lui-même issu du vieux français, « escoute », qui veut dire « écoute ». Baden-Powell est fier d’avoir fait la preuve que l’on peut faire confiance à des jeunes. En 1907, il organise un premier camp « scout », le mouvement est né, il va rapidement s’étendre sur l’ensemble de l’Empire britannique. Dès 1910, il y aura d’ailleurs des scouts dans toute l’Europe, en France, en Suisse, en Belgique et en Allemagne.

 

L’idéal scout

 

C’est l’article 1 de la constitution de l’organisation mondiale du mouvement scout. Définition : « le mouvement scout est un mouvement éducatif pour les jeunes, fondé sur le volontariat ; c’est un mouvement à caractère non politique, ouvert à tous sans distinction de genre, d’origine, de race ni de croyance. Le mouvement scout a pour but de contribuer au développement des jeunes en les aidant à réaliser pleinement leurs possibilités physiques, intellectuelles, affectives, sociales et spirituelles, en tant que personnes, en tant que citoyens responsables », fin de citation. Des définitions et buts rappelés lors de ces grandes réunions, les Jamborees, qui ont lieu tous les 4 ans. Le dernier s’est tenu il y a deux mois au Japon. La légende veut que Jamboree soit un mot anglais d’origine zoulou qui signifie « rassemblement », un mot utilisé dès les années 1910 par Baden-Powell lui-même.

 

Scoutisme et écologie

 

C’était l’été dernier dans la région de Strasbourg : 15 000 jeunes européens du mouvement scout se réunissaient, en dépit de conditions météorologiques désastreuses, pour réfléchir et mettre en action des pratiques écologiques regroupées sous un vocable nouveau, qui s’intitule « la sobriété heureuse ». L’éducation à cette forme de bonheur figure désormais parmi les trois défis éducatifs que s’est fixé le mouvement scout pour les cinq années à venir. Une manière de se préparer aussi à la tenue à Paris du tout prochain sommet mondial sur le climat. Responsabilité environnementale, développement durable, souci de la préservation de la nature, respect du règne animal, diminution des empreintes carbone, tout cela tourne autour de l’acronyme HALP, h – a – l – p, ce qui veut dire Habiter Autrement La Planète. Un mot d’ordre désormais largement diffusé par le mouvement scout mondial, qui change de la célèbre et quelque peu démodée devise scout : « toujours prêt » !

 

L’INVITÉ [de 6’30 à 13’45]

Avec Luc Panissod, ancien secrétaire général de l’OMMS.

 

L’ÉDITORIAL

 

Ce n’est pas vraiment un hasard. Il se trouve que le siège de l’OMMS, l’organisation mondiale des mouvements scouts, se trouve à Genève et ce, depuis plus de 40 ans, en 1968 pour être exact. Un siège genevois qui confirme la vocation internationale, pluraliste, interreligieuse et humanitaire de l’ensemble du mouvement scout. Du reste, on ignore le plus souvent que l’organisation a un statut d’observateur à l’ONU, et qu’elle entre en partenariat avec un grand nombre d’organisations internationales. Tout cela dans une volonté de large développement, le mouvement mondial scout visant les 100 millions de membres à l’horizon 2023. Avec, entre autres priorités, la sensibilisation à la problématique du climat et la promotion de l’emploi des jeunes. Comme quoi le scoutisme peut, lui aussi, lui surtout, peut-être, évoluer et faire évoluer la jeunesse du monde en dehors des mondes restreints et restrictifs de la religion, de l’idéologie ou des croyances.

 

Et sur la page web de Géopolitis, préparée par Olivier Horner, des vidéos sur les derniers événements marquant la vie scout dans le monde, de l’infographie, des sites internet pour mieux comprendre la nature et le fonctionnement de ce mouvement mondial ; des liens, des archives vidéo dans la rubrique « vu du passé », et vous êtes toujours les bienvenus sur Géopolitis.

Fondé en 1907 par Robert  Baden-Powell, le scoutisme compte près de 40 millions de membres dans 162 pays. Ce mouvement à caractère non politique, ouvert à tous sans distinction de genre, d’origine, de race ni de croyance, vise à contribuer au développement des jeunes en les aidant à réaliser leurs possibilités physiques, intellectuelles, affectives, sociales et spirituelles, en tant que personnes ou citoyens.

Chaîne d'origine : RTS

Production : RTS / TV5MONDE

Publié le - Modifié le

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