Mines antipersonnel : enfer sans fin ?

Disponible jusqu'au 02/11/2027 - 22:59Disponible jusqu'au 02/11/2027

Peut-on éradiquer les mines antipersonnel d’ici à 2025 ? 
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Extrait 1 - Contexte

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Extrait 2 - Interview de Pascal Rapillarc

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    Cinq ans après l'entrée en vigueur du traité d'Ottawa qui interdit l’usage des mines antipersonnel, on enregistre des progrès dans leur élimination. Mais trop de pays restent encore pollués. Et les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, Inde et Pakistan) n'ont pas signé le traité.

    Production
    RTS
    Chaîne d'origine
    RTS
    - Modifié le
    04/01/2022
    Voix off - Arme du pauvre
    Qu’elles soient d’origine industrielle ou bricolées de façon artisanale, les mines antipersonnel ne coûtent pas cher, ce qui explique qu’elles sont une arme privilégiée par des combattants non étatiques : milices, rebelles, guérillas de tout acabit… de moins en moins par les armées régulières. Une soixantaine de pays sont confrontés à ce fléau des mines antipersonnel et des munitions non explosées. Parmi les plus touchés avec plus de 100km2 de territoires contaminés comme disent les spécialistes, il y a en Afrique : l’Angola, le Tchad et le Sahara occidental. En Europe, la Bosnie-Herzégovine et la Croatie puis, en direction de l’Est : Turquie, Irak, Afghanistan, le nord de la Thaïlande et le Cambodge. Viennent ensuite avec 20 à 100 km2 contaminés, les deux Corée, à proximité de la zone de démarcation, le Sri Lanka, le Liban, l’Érythrée, les deux Soudan et le Zimbabwe. En Amérique du Sud, l’archipel des Malouines. Pour un certain nombre de pays : Ukraine, Somalie, Colombie, on sait qu’ils sont contaminés, mais aucune donnée précise n’est disponible.
    Marcel Mione, présentateur de l’émission
    Le déminage complet d’un territoire nécessitera des années, peut-être plusieurs décennies de travail. Un travail de fourmi avec ce paradoxe que la neutralisation d’une seule mine valant quelques dollars peut engendrer un investissement de plusieurs centaines de dollars. On a conçu pour ces opérations toutes sortes d’engins robotisés et même des tanks démineurs comme cet engin fabriqué en Suisse. Mais ce sont les chiens qui restent les meilleurs amis de l’Homme ou alors les rats. Ici, au Mozambique, ils ont fait preuve d’une efficacité remarquable.
    Démineur interviewé
    Ils sont capables de couvrir 200m2 de champ de mines en 30 minutes. C’est génial.
    Marcel Mione, présentateur de l’émission
    Alertés par les organisations humanitaires et les opinions publiques, les états ont été amenés à s’engager dans la convention d’Ottawa entrée en vigueur en 1999. Cette convention interdit l’emploi, la production, l’acquisition, le stockage et le transfert des mines antipersonnel. 162 états ont signé à ce jour. C’est en soi un succès dans le domaine du désarmement mais il reste à convaincre la trentaine de récalcitrants parmi lesquels : les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Arabie Saoudite ou encore Israël. 
    Marcel Mione, présentateur de l’émission
    Pascal Rapillard, on vient de voir cet enfant avec une prothèse. Est-ce qu'un jour ce fléau va s'arrêter ?
    Pascal Rapillard, centre international de déminage humanitaire
    Alors évidemment, bon le reportage l’a montré, les victimes, il y en a énormément, beaucoup trop, elles vont nécessiter des soins pendant une vie entière. C'est aussi les familles qui sont touchées, les familles de ses victimes, mais le problème des mines est un problème qui a une fin. C'est un problème qui peut se terminer durant notre génération et bien sûr cela va nécessiter beaucoup d'efforts de la communauté internationale, des pays affectés eux-mêmes, il faudra des financements, il faudra mettre en œuvre les meilleures méthodes, mais c'est un problème qui a une fin.
    Marcel Mione, présentateur de l’émission
    Mais lorsqu'un pays est décontaminé, parfois longtemps après la fin d'un conflit, il y a un autre conflit ailleurs et d'autres mines qui vont être posées.
    Pascal Rapillard, centre international de déminage humanitaire
    Bien sûr et c'est la situation qu'on constate malheureusement de nouveau de manière accrue depuis ces deux, trois dernières années avec les conflits qu'on a mentionnés, les conflits récents. Cela dit, cela ne doit pas, je dirais masquer, les progrès considérables qui ont été réalisés depuis plus de 20 ans et qui ont vu la réduction du nombre de victimes à une échelle considérable, qui ont aussi vu 51 millions de mines antipersonnel détruites, des stocks qui n’existent plus, qui ne seront jamais plus utilisés mais qui ont aussi vu des territoires entiers déminés. 28 pays sont totalement déminés et libres de mines qui ne l'étaient pas il y a 20 ans. Le Mozambique, en 2015, s’est déclaré libre de mines, c'était un des pays les plus affectés du monde à la fin des années 1990. Donc certes, la situation est difficile en ce moment, il y a beaucoup de défis mais énormément de progrès ont été réalisés.
    Marcel Mione, présentateur de l’émission
    Est-ce que la communauté internationale est à la hauteur du défi et pourquoi, comment expliquer que les budgets pour le déminage, pour votre action diminuent ?
    Pascal Rapillard, centre international de déminage humanitaire
    Bien sûr, je dirais que la communauté internationale est à la hauteur, doit l’être encore plus et je dirais encore plus ces dernières années et dans le futur.
    Marcel Mione, présentateur de l’émission
    Qui sont les locomotives de ce combat contre les mines antipersonnel ?
    Pascal Rapillard, centre international de déminage humanitaire
    Et bien il y a des pays donateurs, je dirais, qui sont les pays donateurs traditionnels de l’aide au développement ou de la coopération internationale…
    Marcel Mione, présentateur de l’émission
    Par exemple ?
    Pascal Rapillard, centre international de déminage humanitaire
    …que sont les pays nordiques la Norvège ? la Suède mais aussi la Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Suisse bien entendu, les États-Unis. Les États-Unis qui financent pour moitié l'allocation globale des financements pour le déminage même s'ils ne sont pas partis à la convention d’Ottawa. Mais c'est un très gros contributeur du déminage. Donc beaucoup de pays occidentaux traditionnels mais aussi certains pays d’autres continents contribuent au déminage et les pays affectés eux-mêmes dédient également des ressources pour le déminage sur leur territoire.
    Marcel Mione, présentateur de l’émission
    Alors vous avez cité les États-Unis, état non signataire des conventions d’Ottawa. Il y a une trentaine de récalcitrants au total. Quelle pression peut-on exercer sur ces pays qui n'ont pas signé ?
    Pascal Rapillard, centre international de déminage humanitaire
    Oui en effet, il y a encore une trentaine de pays qui sont en dehors du régime d'interdiction même si finalement, il faut savoir que beaucoup de ces pays appliquent de facto la convention puisque beaucoup n’exportent plus de mines, n’en utilisent plus, n’en produisent plus. Donc finalement, ces 30 États, il serait extrêmement important qu'ils rejoignent, évidemment pour des considérations pratiques ? mais aussi pour des considérations politiques, ça permettrait de revigorer l'attention aussi sur la convention d’Ottawa. Et ça, il s'agit du travail des O.N.G, des O.N.G. qui font du lobby auprès des gouvernements, auprès des parlements des États concernés, auprès de la population des États concernés pour mobiliser les consciences, mobiliser l’opinion publique, les parlementaires, ceux qui décident pour éventuellement amener ensuite ces États à ratifier la convention. 

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