Liberté d'expression : on a le droit de tout dire ?

Disponible jusqu'au 09/07/2023 - 23:59Disponible jusqu'au 09/07/2023
Être libre de s’exprimer, c’est avoir le droit de tout dire ?
S’interroger sur la notion de liberté d’expression et la défendre en dessins.
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Éducation aux médias : analyse d'un dessin de presse
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Contenus complementaires
    « On ne peut plus rien dire » clament certains.
    La liberté d'expression serait-elle un mythe ? Ou a-t-elle des limites ?
    Chaîne d'origine
    RTS
    - Modifié le
    10/08/2021

    Xavier Colin
    « On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui ! », c'était le postulat de l'humoriste français Pierre Desproges. Il faisait référence, à l'époque, à certains dessins de presse, des dessins humoristiques, jugés bêtes et méchants. Tiens, c'est curieux, bête et méchant, c'est justement la devise, la raison d'être d'un hebdomadaire comme Charlie Hebdo , et ce qu'il y a de remarquable dans ce journal, c'est que la « une », ce n'est pas du texte, c'est, toujours, un dessin ou une caricature.
    On
    dit souvent que, dans un journal, le dessin humoristique en dit plus long qu'un éditorial. La caricature est en effet le véhicule instantané de tout ce qui est montré, mais aussi de tout ce qui est suggéré, dans une forme de message subliminal, le tout dit sans précaution, parfois avec cruauté, toujours avec le souci de faire mrire, voire même de ricaner. À l'heure où, dans le monde, on célèbre la journée de la liberté de la presse, Géeopolitis décrypte ce qui fait la force, l'impact, la nécessité aussi du dessin de presse.
    Ils
    se nomment Plantu, Chappatte, Cabu, Herrmann, Faizant, Burki, Siné ou Barrigue, pour rester dans le monde de la francophonie : ce sont des noms simples, d’ailleurs des fois on ne sait même pas si ces messieurs ont un prénom, bref, ce sont ceux qui, quotidiennement, font la « une » des journaux. Leur stylo est trempé dans l'acide, leur plume est acérée, leur liberté est totale, on les aime, on les redoute ; en un coup de crayon, ils peuvent faire rire aux larmes, tout en brisant une carrière. Ils dénoncent férocement les grands de ce monde. Ils font du journalisme, ils participent à la démocratie. Et leur art ou leur mission ne date pas d'hier, puisqu’en France par exemple, c'est à la suite de la révolution de 1830 que l'on fonde le tout premier journal satirique qui s'appelle, tout crûment, La Caricature , et son objectif est simple : informer, oui, mais par le truchement de la dérision. Le dessin sous forme de caricature a pour fonction de révéler un problème, un malaise, et s’il gêne, s’il offusque, c'est que, justement, il est pour transgresser un code, pour casser une retenue, tout en laissant place à l'imagination, donc à la création. Le dessinateur Plantu ne dit pas autre chose.
    Plantu
    : « Le dessinateur de presse doit être plus rigoureux et journaliste. C’est-à-dire qu’il doit continuer à se lâcher et à passer son temps à énerver tout le monde, à être borderline, à dépasser même la ligne rouge, mais à la fois, il faut qu’il pense que, son dessin, il est aussi un dessin provocateur ».
    Xavier Colin
    L’invité de Géopolitis, Herrmann, dessinateur de presse, qui nous donne rendez-vous, entre autres, dans Lla Ttribune de Genève . Vous en avez de la chance, vous les dessinateurs de presse : vous avez une liberté totale, vous faites ce que vous voulez. Est-ce que vous êtes d’accord avec ça ?
    Herrmann, dessinateur de presse, Tribune de Genève
    On a une plus grande liberté que les journalistes, pour une raison qui n’est pas forcément intrinsèque au dessin de presse, mais qui est intrinsèque à notre position dans le journal. C’est-à-dire qu’on est le dessinateur de presse, souvent, la personne qui se distingue des autres journalistes. Et c’est une chance, parce que, par exemple, quand on fait un article, les lecteurs diront « Tiens, vous avez vu ce que dit Le Monde , ce que dit La Tribune de Genève  ? ». En revanche, quand ils regardent un dessin de moi ou de Plantu, ils diront : « Tu as vu le dessin de Plantu ? ». Donc, l’image du dessinateur n’est pas tout à fait identifiée à l’image du journal et ça nous donne une très très grande liberté. Par exemple dans mon journal, je crois que je suis la seule personne qui a le droit de ne pas être tout à fait d’accord avec la ligne éditoriale du journal parce que, justement, ça ne déteint pas sur le journal.
    Xavier Colin
    Vous avez une arme à votre disposition qui est formidable, c’est le rire et la dérision.
    Herrmann, dessinateur de presse, Tribune de Genève
    Oui.
    Xavier Colin
    Vous en usez, vous en abusez ? Jusqu’où est-ce qu’on peut aller ?
    Herrmann, dessinateur de presse, Tribune de Genève
    On peut aller très très loin. Bon, d’abord le dessin n’est pas seulement une arme, c’est un outil. Le but n’est pas forcément de sabrer partout. Mais c’est un outil qui est très intéressant parce que d’abord, le dessin est très émotionnel, donc il frappe beaucoup plus fort et puis, aussi, donc, le dessin travaille énormément avec l’humour.
    Xavier Colin
    Votre but finalement c’est quoi, très naïvement, c’est la paix dans le monde ? On stigmatise les méchants pour que le monde devienne gentil ? C’est ça ?
    Herrmann, dessinateur de presse, Tribune de Genève
    Non, je crois pas, non, non ! non, non je crois qu’il ne fFaut pas réduire, là, vous caricaturez la caricature !
    Xavier Colin
    Ah ! J’ai le droit !
    Herrmann, dessinateur de presse, Tribune de Genève
    Le spectre du dessin de presse est exactement le même que le spectre du journaliste. Donc, il est de faire comprendre, de remettre en question, parfois d’incriminer, parfois de discriminer mais on a vraiment tout le spectre du journaliste.