Le Cid, de Corneille

Disponible jusqu'au 30/04/2024 - 23:59Disponible jusqu'au 30/04/2024

Quand un duel du XVIIe siècle se transforme en règlement de comptes dans un parking.

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2:59
Acte II, scène 2

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Rimaquoi-LeCid-Video
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Écrire une saynète autour d’un dilemme.

Adultes
Interculturel : littérature et théâtre
Parler : expliquer
Regarder : Regarder
Vocabulaire : définitions
Vocabulaire : description psychologique
Écouter : Écouter
Écrire : théâtre
Fiche enseignant
Fiche apprenant
Contenus complementaires

    « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Vous avez forcément déjà entendu cette phrase. Saviez-vous qu'elle est extraite du Cid, de Corneille ? Rendez-vous sur un parking pour écouter cette scène culte, qui oppose Rodrigue au Comte : c'est le principe de Rimaquoi !

    La pièce originale
    Le Cid est une pièce de théâtre tragi-comique écrite en vers par Pierre Corneille et représentée pour la première fois en janvier 1637 au théâtre du Marais. Le jeune Rodrigue doit épouser Chimène. Mais le père de Chimène a bafoué l'honneur du père de Rodrigue. Rodrigue doit choisir entre : aimer Chimène et briser l'honneur de sa famille ou alors venger son père par honneur. C'est ce que l'on appelle un dilemme cornélien.
     

    - Modifié le
    19/02/2022
    Don Rodrigue
    À moi, comte, deux mots.
    Le Comte
    Parle.
    Don Rodrigue
    Ôte-moi d’un doute. Connais-tu bien don Diègue ?
    Le Comte
    Peut-être.
    Don Rodrigue
    Cette ardeur que dans les yeux je porte, sais-tu que c’est son sang ? Le sais-tu ?
    Le Comte
    Que m’importe ?
    Don Rodrigue
    À quatre pas d’ici je te le fais savoir.
    Le Comte
    Jeune présomptueux !
    Don Rodrigue
    Parle sans t’émouvoir. Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années.
    Le Comte
    Te mesurer à moi ! Qui t’a rendu si vain, toi qu’on n’a jamais vu les armes à la main ?
    Don Rodrigue
    Mes pareils à deux fois ne se font point connaître, et pour des coups d’essai veulent des coups de maître.
    Le Comte
    Sais-tu bien qui je suis ?
    Don Rodrigue
    Oui ; tout autre que moi, au seul bruit de ton nom pourrait trembler d’effroi. J’attaque en téméraire un bras toujours vainqueur, mais j’aurai trop de force, ayant assez de cœur. À qui venge son père il n’est rien d’impossible, ton bras est invaincu, mais non pas invincible.
    Le Comte
    Ne cherche point à faire un coup d’essai fatal ; dispense mon honneur d’un combat inégal. Trop peu d’honneur pour moi suivrait cette victoire : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. On te croirait toujours abattu sans effort ; et j’aurais seulement le regret de ta mort.
    Don Rodrigue
    D’une indigne pitié ton audace est suivie : qui ose m’ôter l’honneur craint de m’ôter la vie !
    Le Comte
    Retire-toi d’ici !
    Don Rodrigue
    Marchons sans discourir.
    Le Comte
    Es-tu si las de vivre ?
    Don Rodrigue
    As-tu peur de mourir ?
    Voix off
    J’ai déjà entendu ça quelque part…