L'afroféminisme dans la littérature jeunesse

Disponible jusqu'au 01/06/2032 - 23:59Disponible jusqu'au 01/06/2032

Dépasser les clichés et proposer de nouveaux héros en littérature jeunesse, est-ce possible ?

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Prendre position sur une question de société.

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    La littérature jeunesse francophone n'est pas un modèle de diversité. Des autrices prennent les choses en main pour représenter un « universel à différents visages » pour que chaque enfant se projette dans des personnages positifs qui lui ressemblent.

    Chaîne d'origine
    TV5MONDE
    - Modifié le
    10/04/2024
    Marian Naguszewski, journaliste
    Alors, dans vos livres pour la jeunesse justement, vous travaillez sur ces valeurs-là, sur dépasser justement tous ces clichés, tous ces stéréotypes sur le racisme. C’est quelque chose aussi qui permet de diffuser, d’être pédagogue. C’est aussi ça votre travail ? C’est un travail militant en fait ?
    Laura Nsafou, écrivaine et blogueuse
    Euh oui, et puis, je pense que c’est surtout s’adresser, en fait, à tous que de proposer finalement d’autres imaginaires finalement beaucoup sont encore absents ; que ce soit en termes de représentation de différentes minorités ethniques ou d’enfant ayant des handicaps, etc. Toutes les personnes que l’on voit dans la rue ne sont pas encore dans cette littérature que l’on prône comme étant universelle. Donc, ma contribution, à mon échelle, est de proposer différents livres pour enfants, qui abordent à la fois des thématiques qui sont liées à mon vécu, de femme noire en France, mais qui sont aussi des histoires qui peuvent toucher tout le monde. Et je crois que c’est important de montrer que cet universel-là a différents visages, vraiment.
    Marian Naguszewski, journaliste
    Dans une interview au Monde Afrique, vous disiez justement qu’il y avait un problème sur la diversité dans votre milieu, celui de la littérature jeunesse. Vous lui reprochez à ce milieu, je vous cite, d’attendre des lecteurs quels qu’ils soient de s’identifier à un personnage type. Très souvent, ce personnage type est masculin, blanc, mince, valide.
    Laura Nsafou, écrivaine et blogueuse
    Tout à fait, et je pense que encore il y a toujours ce discours encore présent dans le monde de l’édition, que c’est une prise de risque que de ne pas proposer un personnage qui correspondrait à cette espèce de modèle type. Non, toutes les histoires ont quelque chose à raconter. De la même manière que moi, j’ai su m’identifier à d’autres personnages qui ne me ressemblaient pas, pourquoi ce serait plus difficile de justement, de m’identifier à1  la petite fille Adé dans Papillon noir ou même Sofia dans Demeure du ciel, qui est une petite fille qui voudrait juste rencontrer sa grand-mère. Donc, des émotions qui sont propres finalement à toutes.
    Marian Naguszewski, journaliste
    Petite justement, vous aviez des référents dans la littérature jeunesse ou pas ?
    Laura Nsafou, écrivaine et blogueuse
    Pas du tout. Et c’est bien ça qui m’a marqué, enfin, qui a marqué, finalement, mon rapport à la littérature. C’est d’avoir passé mon temps finalement à me chercher. Parfois, à me trouver, m’apercevoir par des personnages secondaires comme, je pense à Rémi notamment dans la bande dessinée Tom-Tom et Nana, mais c’est vrai que ça a été une recherche et surtout une interrogation de me dire pourquoi je ne trouve pas de personnage qui me ressemble. Est-ce qu’il y a un problème avec moi ? Est-ce que justement ces imaginaires qui montrent en fait que tout est possible ont quelque chose auquel je ne peux pas avoir accès, justement parce que je suis hors de ces imaginaires qui me sont proposés ?
    Marian Naguszewski, journaliste
    Merci, Laura Nsafou, d’avoir été avec nous. Je rappelle votre dernier livre Nos jours brûlés chez Albin Michel. Merci d’avoir été avec nous.
    Laura Nsafou, écrivaine et blogueuse
    Merci.
     
    1 Nous avons corrigé la formulation « se sentir identifié par ».