Génération identitaire : un financement qui interroge

Que sait-on des financements du groupuscule d'extrême droite ?
Voix off
C’est l’un de leurs plus gros coups de communication. En avril 2018, le groupuscule d’extrême droite Génération identitaire bloque un col dans les Alpes pour empêcher les migrants de passer. Hélicoptères, militants bien équipés, l’opération aurait coûté 30 000 euros. Comment un groupuscule avec quelques centaines de militants peut financer de tels événements ? Les identitaires disent se financer par les dons des sympathisants. A priori, rien d’illégal, mais il y a beaucoup de dons en espèces et Génération identitaire propose désormais des dons en bitcoins sur son site.
Lucie Castets, membre de l’Observatoire national de l’extrême droite
Évidemment, il y a une raison pratique qui est que des outils comme les monnaies virtuelles favorisent l’opacité et l’anonymat. Il est beaucoup plus difficile de tracer des transactions en monnaie virtuelle.
Voix off
L’explosion des cagnottes en ligne a permis aussi au groupuscule d’extrême droite de changer d’échelle. L’organisme Tracfin, chargé notamment de la lutte contre la fraude fiscale, s’en est d’ailleurs inquiété. Grâce aux cagnottes, en 2017, Génération identitaire avait réuni près de 200 000 euros pour affréter un bateau afin d’empêcher le sauvetage des migrants en Méditerranée.
Lucie Castets, membre de l’Observatoire national de l’extrême droite
On observe une forme d’internationalisation des financements de ces groupuscules. Génération identitaire, ils reçoivent des dons beaucoup de France, mais aussi de pays européens, des États-Unis massivement. Et d’ailleurs, Génération identitaire a reconnu avoir reçu un don de la personne qui a commis l’attentat de Christchurch et on sait aussi que cette personne, qui s’appelle Brenton Tarrant, aurait financé des groupuscules d’extrême droite d’Autriche.
Voix off
C’était deux ans avant l’attentat qu’il a commis dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande, tuant cinquante personnes. En Allemagne, ce spécialiste de l’extrême droite confirme qu’il y a des liens importants entre les identitaires français et la mouvance d’extrême droite allemande. Mais les liens financiers restent difficiles à tracer.
Volkmar Wolk, auteur et spécialiste de l’extrême droite
Dans le domaine des finances, il nous manque pour l’instant les moyens de trouver des preuves. Ce que nous pouvons constater, ce sont les liens militants. Les opérations sont soutenues par les identitaires des autres pays. Des identitaires allemands ont ainsi participé à l’opération « Defend Europe », organisée par Génération identitaire.
Voix off
Les groupuscules d’extrême droite sont surveillés par les services de renseignements partout en Europe, mais le contrôle des finances reste limité.
Lucie Castets, membre de l’Observatoire national de l’extrême droite
Dans l’arsenal répressif, on a énormément d’outils à disposition pour lutter contre le terrorisme d’inspiration islamiste et ces outils sont assez peu utilisés contre l’extrême droite.
Voix off
Les gels d’avoirs par exemple n’ont pas été utilisés pour l’instant contre des groupuscules d’extrême droite.

Comment un groupuscule d'extrême droite qui ne compte que quelques centaines de militants peut-il financer des opérations de grande envergure ?

Chaîne d'origine : ARTE

Publié le - Modifié le

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