Une source, c'est quoi ?

Comment les journalistes s'informent-ils ? Où trouvent-ils la matière pour réaliser leurs reportages, articles, chroniques ?
Identifier et choisir ses sources d'information.
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Publié le 16/03/2017 - Modifié le 23/03/2017
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Durée : 2:17
Durée : 3:45
Disponible jusqu'au : 16/03/2020
Disponible jusqu'au : 16/03/2020
Définir la notion de source.

Les clés des médias - Auteur : Bruno Duvic / Réalisateurs : Mathieu Decarli & Olivier Marquézy
Chaîne d'origine : Francetv Éducation, TV5MONDE
Voix off
Un quartier à la sortie de Troupaumé est en plein chantier. Un centre commercial y verra bientôt le jour.
« Génial » dit Léa, on va pouvoir s’acheter des vieux vinyles chez Phonoshop, j’adore cette chaîne de magasins…
« Laisse tomber » lui répond Léonard, y’aura pas Phonoshop. Non, ce qui sera top, c’est surtout le grand cinéma qu’ils vont construire, et la piscine aussi.
— Mais comment tu sais tout ça ?
« J’ai mes sources. » répond Léonard mystérieux.

Qu’est-ce qu’une source ?
Une source pour un journaliste, comme pour notre copain, c’est quelqu’un de bien informé sur un sujet et qui donne des détails : un avocat qui dévoile le contenu d’un dossier de justice, un pompier qui explique les causes d’un incendie, un chef d’entreprise qui parle du nouveau portable révolutionnaire qu’il va sortir.

Sans source, un journaliste a beaucoup moins d’informations. Il ne peut pas tout voir ou tout deviner, seul. Alors Léonard a bien une source, oui mais une seule en fait. C’est son oncle, qui travaille à la mairie et qui lui donne des détails sur le projet en cours. Mais Léonard ne peut pas se contenter d’une source. Pourquoi ?
Son oncle lui dit beaucoup de choses à propos du chantier, mais il ne lui dit pas tout. Les commerçants du centre-ville par exemple sont furieux, ils ont peur que tous ces magasins à la sortie de la ville leur fassent perdre des clients. Mais les critiques du projet, l’oncle ne peut pas en parler, le maire, son patron, demande à ses troupes de soutenir à fond le chantier.

Quand une source parle à un journaliste, c’est qu’elle a intérêt à le faire et elle ne présente qu’une partie de la réalité. Quand le maire donne des informations exclusives sur le chantier au journaliste du Canard boiteux, elles concernent ce qui avance bien sur le chantier, pas les retards. Bref, il fait la pub d’un projet qu’il a promis de terminer vite.
Voilà pourquoi un journaliste a toujours plusieurs sources. Parfois il les cite clairement dans ses articles, d’autres fois non. Dans des enquêtes sensibles, certaines personnes risqueraient leur emploi ou plus si on savait qu’elles parlent à un journaliste. Le secret des sources est même protégé par la justice.

Le centre commercial doit être inauguré l’année prochaine. Léonard sera invité par son oncle, ça coule de source.

Voix off
Bonjour tout le monde, c’est Hélène à Paris. Vous allez bien ?
Aujourd’hui je vous emmène à la rencontre de bénévoles qui offrent aux personnes réfugiées un sésame indispensable : la langue française.
Catherine, par exemple, enseigne à des jeunes au sein de la Croix-Rouge.

Catherine FORLOROU, professeur de français bénévole
En fait, à la base, je suis, je suis au chômage et je me morfondais dans mon coin à la maison, toute seule comme une idiote. Et je me suis dit, après tout, pourquoi pas, pourquoi pas aussi essayer le bénévolat finalement. C’est vrai que le contexte là c’est des gens qui ont besoin, tu dois parler la langue, c’est la première chose sur laquelle on va les juger ces gens-là.

Voix off
Parmi ces étudiants du jour, deux afghans, un népalais et une nigériane.

Une apprenante
Passage en anglais sous-titré et traduit : Par exemple, si tu vas à la préfecture, là-bas, tout le monde ne parle pas anglais.

Un apprenant
Passage en anglais sous-titré et traduit : Pour se faire des amis, aussi. On a besoin de communiquer.

Un apprenant
Parce que je veux rester en France, je dois … étudier en France… pour travailler

Voix off
Exercice du moment, imaginer des phrases avec le son « ri » et le son « tu ».

Un apprenant
Nous avons tué Gavroche. (rires)

Catherine FORLOROU, professeur de français bénévole
Oui, c’est bien, c’est très bien. (rires)

Voix off
L’anglais est bien pratique pour traduire certains mots et ensuite l’information circule comme elle peut entre les élèves. Certains ont des capacités linguistiques impressionnantes.

Un apprenant
Je ne suis pas allé à l’école. Je suis là pour parler français. Turkish bien parlé, ouzbek parler oui. Anglais, non.

Voix off
Parfois, face à cette tour de Babel, Catherine a recours à ses talents artistiques.

Catherine FORLOROU, professeur de français bénévole
Ça, c’est une casserole, oui, et ça c’est une poêle.

Un apprenant
Casserole. (rires)

Catherine FORLOROU, professeur de français bénévole
Évier avec de la vaisselle. (rires) Je suis restée à l’étape des petits enfants. (rires)

Voix off
Le plus difficile au final pour ces jeunes qui ont vécu et continuent à vivre de grosses galères, c’est l’assiduité.

Catherine FORLOROU, professeur de français bénévole
Non pas parce qu’ils ne veulent pas mais je pense qu’il y a des moments ils ne peuvent tout simplement pas. Ils sont déprimés, ils ont des problèmes familiaux, la famille n’est pas là, ils n’ont pas de nouvelle ou ils ont de mauvaises nouvelles et tant qu’on a pas eu ce retour de leur part, c’est vrai qu’on s’imagine pas la vie qu’ils mènent.

Voix off
Les cours de français ont fleuri un peu partout à Paris, comme à l’étage de ce café associatif, Igbal y vient deux fois par semaine.

Igbal
Vous pov… vous pouvez... tromper… vous tromper… Passage en anglais sous-titré et traduit : Ca fait six mois que j’étudie et j’ai toujours du mal. Écrire c’est vraiment difficile. Il y a des lettres silencieuses, etc. C’est vraiment difficile.

Voix off
Une de ses profs attitrées, c’est Lucie, étudiante en master de Français Langue Etrangère. Quand on lui demande « pourquoi tu fais ça ? » Elle répond…

Lucie, étudiante en master
Je sais pas… (rires) Très gratifiant, je sais pas c’est de voir que ça leur plait. Quand je leur propose de faire une pause, ils me disent non, enfin ça c’est cool. Pour eux, ce serait peut-être mieux que ce soit des professionnels mais après…

Voix off
Ouais, pour l’instant, c’est fait de manière un peu… artisanale

Lucie, étudiante en master
Artisanale… Mais heureusement parce que trois quarts des réfugiés à mon avis peuvent parler français grâce grâce aux bénévoles qui viennent.

Voix off
Et ce qu’il faut que je vous dise c’est que les cours changent la vie des profs également.

Catherine FORLOROU, professeur de français bénévole
Le seul reproche que je puisse me faire, c’est de pas l’avoir fait plus tôt finalement. Je m’épanouis, et ce sont de superbes rencontres.

Voix off
Quant à Lucie, elle a rencontré son amoureux en cours de français. Je vous laisse sur cette jolie histoire en espérant que ça vous donne envie de vous engager. À très bientôt.