Première Guerre mondiale : le(s) soldat(s) inconnu(s)

Que sont devenus les disparus de la Grande Guerre ?
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Publié le 27/03/2018 - Modifié le 27/03/2018
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  • VidéoTémoignage de Joséphine Lebert
  • VidéoEntretien avec Jean-Pierre Verney - La recherche des disparus
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Durée : 0:46
Durée : 1:14
Disponible jusqu'au : 27/03/2028
Disponible jusqu'au : 27/03/2028
La Grande Guerre a fait de nombreuses victimes. Certaines familles n'ont jamais pu retrouver leurs proches, décédés ou grièvement blessés.

Ce dispositif pédagogique a reçu le label « Centenaire ».
Joséphine Lebert
Beaucoup de ces soldats étaient des « gueules cassées », atrocement mutilés au visage. Je me souviens en particulier d’un jeune homme qui avait eu la face complètement arrachée. On le nourrissait avec des aliments liquides par un trou dans la gorge, car il n’avait plus de mâchoire ni de bouche. Notre chirurgien, qui fut d’ailleurs décoré pour ça, avait essayé de reconstituer son visage avec des morceaux de chair et de peau prélevés sur les fesses. Mais le résultat était tout de même assez monstrueux. Lorsque les parents du pauvre garçon vinrent à l’hôpital pour le voir, ils refusèrent d’admettre que c’était là leur fils et ne revinrent jamais. Petit à petit, il se mit à boire. Énormément. Nous le laissions faire, il n’avait plus que ça.
 
Jean-Pierre Verney
Oui, ça c’est un problème qui a été maintes fois évoqué dans les années 1920-25. D’une part, il y a énormément de familles qui étaient à la recherche du leur, et qui croyaient reconnaître un des leurs dans un amnésique ou dans un défiguré, d’autres fois, ils ne voulaient justement pas reconnaître le fils ou le père. Ça a été des grandes tragédies. Là encore, ça fait partie de la Grande Guerre, ça a été complètement oublié. On ne parle pas de ces traumatismes qui ont largement dépassé l’année 1918 puisque il y a des familles – on parle d’Un long dimanche de fiançailles par exemple, mais bon –, il y a des familles qui ont cherché pendant 10 ans, 15 ans, 20 ans le fils, le père, l’amant, le fiancé disparu. D’où cette idée du soldat inconnu quelque part, pour qu’on puisse venir faire un deuil quelque part, devant cette tombe en espérant, en pensant, en croyant : « c’est peut-être le mien ».