Première Guerre mondiale : fraternité

Comment la notion de fraternité a-t-elle évolué en un siècle ?
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Publié le 09/11/2016 - Modifié le 23/07/2018
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  • VidéoTémoignage de Saci Ben Hocine Mahdi - Camarades
  • VidéoTémoignage de Maurice Bourgeois - Fraternité d'armes
  • VidéoEntretien avec Jean-Pierre Verney - Les troupes nord-africaines
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Durée : 0:59
Durée : 1:12
Durée : 2:06
Disponible jusqu'au : 09/11/2026
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En 1914-1918, il existait une certaine fraternité entre soldats. Qu’en est-il de cette valeur républicaine aujourd’hui ?

Ce dispositif pédagogique a reçu le label « Centenaire ».
Chaîne d'origine : TV5MONDE

Saci Ben Hocine Mahdi

Au front, le repas est partagé entre eux [les soldats]. Il ne peut pas ouvrir une boîte de sardines sans avoir un musulman avec lui ou un juif ou tout ce que vous voudrez là, il n’y a pas de…

Le journaliste

De différence.

Saci Ben Hocine Mahdi

Il n’y a pas de haine ! Là, c’est l’esprit de camaraderie. On ouvre la boîte de sardines, j’ai deux Français, qui sont mes amis, mes frères, et on parlait de famille, on parlait des nouvelles et tout ce que vous voudrez. Mais on partage le repas. La boîte de sardines est partagée entre nous. Pas de juif, pas de musulman, ni ceci, ni cela. Là, rien à faire ! Ce qui nous intéresse, c’est l’exemple. Il faut mourir pour la France. Et voilà.


Maurice Bourgeois

Au moment où je reconnaissais un passage de repli, pour mes deux sections, qui ont réussi à passer, heureusement, j'ai reçu une première balle, qui m'a traversé la cuisse droite. La partie supérieure de la cuisse droite. Puis, vingt-cinq minutes après, une autre balle qui m'a fracturé le bras gauche, l'avant-bras gauche près du coude.

Je suis donc resté sur le terrain et des Allemands sont arrivés. Le sous-officier allemand, voyant qu'on avait plus de paquets de pansements pour me soigner mon avant-bras, a sorti lui-même un paquet de pansements de sa vareuse, le sergent allemand, pour me faire le pansement au bras.

Vous voyez, c'est cette fraternité d'armes à l'occasion qui pouvait exister, aussi bien de la part des soldats allemands que des soldats français.

Jean-Pierre Verney

Quant aux troupes nord-africaines, elles tiennent la tranchée et elles font les assauts. Pour ces troupes, on respecte la religion, donc la foi musulmane, et dans la nourriture et dans la sépulture et dans les rites funéraires. On respecte… Les officiers qui gèrent ces troupes les connaissent bien, ont du respect pour ces hommes hein, il ne faut pas… ce ne sont pas des chiens, ce ne sont pas des bêtes. En général. Il peut y avoir des brutes parmi les officiers effectivement mais, dans beaucoup de textes on s’aperçoit qu’il y a une sorte de respect des uns pour les autres, ce qui est pas toujours le cas pour les travailleurs par contre. On sait que les travailleurs chinois ou indochinois qui arrivent en Europe, qui arrivent en France sont vraiment maltraités et pendant les transports, ils sont considérés comme des chiens, et puis sur le travail en métropole aussi. Pour les soldats, c’est différent. Par contre, il y a peu d’officiers indigènes : il y a moins de 400 officiers indigènes dans l’armée française en 1918, ce qui est ridicule.

Pour le public, il n’y a pas de différence. Pour la loi, on traite… normalement on doit traiter de la même manière. Ce sont des soldats. Mais je pense que dans les faits, il doit y avoir une différence. D’ailleurs, il y a une différence entre le Marocain, l’Algérien et le Tunisien. D’un côté, il y a un protectorat, de l’autre côté, il y a un département, ce qui n’est pas pareil mais au niveau militaire, au niveau statut militaire, il n’y a pas de différence. Ce sont des soldats, avec des officiers, il y a des règles militaires, il y a un règlement militaire, voilà.

Mais par contre, effectivement, dans les fusillés en 1915 par exemple, en regardant les condamnations, il y a beaucoup de Nord-Africains par exemple, mais peut-être qu’ils ont un mode de vie dur, il y a beaucoup de viols par exemple, de choses comme ça.