Portrait du caricaturiste Ali Ferzat

Ali Ferzat, caricaturiste syrien, lutte avec ses dessins contre le régime de Bachar el-Assad.
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Publié le 02/05/2016 - Modifié le 19/03/2017
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Durée : 3:00
Disponible jusqu'au : 02/05/2026
L’attentat contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, a montré que des journalistes pouvaient payer le prix fort pour s’exprimer librement. C’est vrai en Europe, c’est vrai dans toutes les parties du monde, même si les menaces ne sont pas partout les mêmes. Dans de nombreux pays, c’est le pouvoir en place qui brime la liberté d’expression. Et cela touche les journalistes comme des citoyens-militants, de plus en plus nombreux. 
 
Cette émission spéciale, diffusée le dimanche 17 mai 2015, est réalisée depuis le Parlement européen qui attribue chaque année le Prix Sakharov, un prix qui récompense une personnalité qui se bat pour les droits de l’Homme et la liberté d’expression. 
 
Invitée : Ali Ferzat, dessinateur syrien exilé en France, Prix Sakharov 2011
Chaîne d'origine : TV5MONDE

Voix off

Ces mains ont un énorme pouvoir. Elles effrayent les dictateurs. Elles appartiennent à Ali Ferzat. Il est caricaturiste et syrien. Et il s’en est pris régulièrement à Bachar el-Assad, le tout puissant président syrien. Une audace qui, en août 2011, a failli lui coûter très cher. Les agents des services secrets du président vont lui briser les mains.

Ali Ferzatcaricaturiste

Ils étaient cagoulés. Ils m’ont dit : « On va te briser les doigts. Tu ne dessineras plus jamais. » et ils m’ont frappé avec les matraques qu’ils utilisent pour disperser les manifestants.

Voix off

C’est la guerre civile qui va rendre les dessins d’Ali Ferzat plus impertinents. Petit à petit, il va franchir les limites de l’interdit et finira par oser l’impensable : il sera le premier à caricaturer le président Bachar el-Assad.

Ali Ferzatcaricaturiste

En 2011, j’ai voulu débarrasser les gens ordinaires de la peur du régime. C’est pour ça que je me suis attaqué au symbole du président de la République. Et là, je n’avais aucune peur. Je me sentais pousser des ailes.

C’est une arme redoutable ! C’est beaucoup plus puissant qu’un tank ou un missile. Et la meilleure preuve, c’est que j’ai pu secouer les bases du pouvoir à tel point qu’il s’est senti provoqué et qu’il a répliqué.

Voix off

Mais en janvier 2015, cette confiance dans la force du dessin va être ébranlée. Ce sont les attentats de Charlie Hebdo à Paris. La preuve que l’on peut mourir pour un dessin.

Ali Ferzatcaricaturiste

J’étais touché par ce qui s’est passé à Paris en début d’année. Et bien évidemment, je suis Charlie. C’est un peu comme si j’avais ressenti les blessures des dessinateurs de Charlie Hebdo dans mon propre corps. Ça m’a rappelé les événements que j’avais vécus moi-même. Et évidemment, j’ai défendu les victimes des attentats de Paris. Je me suis senti très touché.

Pour moi, le dessin n’est pas qu’un art. C’est un moyen de véhiculer des idées fortes et je suis prêt à mourir pour ces idées.