Mai 68

Publié le 01/05/2018 - Modifié le 18/09/2018
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Durée : 5:18
Disponible jusqu'au : 04/04/2025
Le 10 mai 1968, plus de vingt-mille étudiants se rassemblent dans le quartier latin à Paris. Un vent de révolte souffle sur la capitale. Les forces de l’ordre se pressent autour des manifestants, les lacrymo fusent, les cocktails molotov explosent, les pavés volent. C’est la nuit des barricades. 
Retour en images sur le plus important mouvement social de l'histoire de France du xxe siècle.

Idées d'activités : 
- présenter un événement historique au présent et au passé
- réviser le vocabulaire des mouvements sociaux
- imaginer des slogans de manifestation
Chaîne d'origine : Francetv Éducation, INA

Générique

Il sera question d’histoire.

Françaises, Français...

I have a dream.

Je suis contre la peine de mort.

 

Manifestants 

Libérez nos camarades !

Voix off

Vers 21h30, plus de vingt-mille étudiants se rassemblent dans le quartier latin à Paris. Un vent de révolte souffle. Le 10 mai 1968, sur la capitale où l’on dresse des barricades. Les forces de l’ordre se pressent autour des manifestants et à 2h15, l’ordre d’assaut est donné. Les lacrymo fusent, les cocktails Molotov explosent, les pavés volent. C’est la nuit des barricades. Elle marque un tournant décisif dans les événements qui agitent la capitale depuis une semaine.

Message

Mais pourquoi ? C’est quoi le contexte ?

Voix off

En 1968, cela fait dix ans que la France est présidée par le général de Gaulle. La croissance économique ralentit, le chômage augmente et la rigidité de la société est contestée par une jeunesse en quête d’émancipation qui écoute du rock’n’roll et a les cheveux longs.

Antoine, chanteur

Oh yeah !

Archive

Il y a une aspiration extraordinaire au changement.

Antoine, chanteur

Ma mère m’a dit « Antoine, fais-toi couper les cheveux », je lui ai dit « Ma mère, dans 20 ans, si tu veux ».

Archive

La femme qui veut être vraiment libre, elle n’a qu’à pas se marier !

Voix off

À la faculté de Nanterre, nouvelle annexe de la Sorbonne, la révolte gronde. Des groupuscules d’extrême gauche se structurent : ils dénoncent la société de consommation, réclament la rénovation du modèle universitaire et militent contre la guerre au Vietnam, symbole de l’impérialisme américain. Leur objectif : renverser l’ordre établi.

Le 22 mars, l’arrestation d’un étudiant du Comité Vietnam National met le feu aux poudres. Ses camarades de Nanterre décident de former un mouvement de contestation. Parmi eux, un jeune militant anarchiste propose d’occuper l’un des bâtiments. Il s'appelle Daniel Cohn-Bendit. C’est le mouvement du 22 mars.

Message

Comment ça a dégénéré ? 

Archive

Vendredi 3, les étudiants de la Sorbonne invitent leurs camarades de Nanterre à tenir un meeting dans la cour de la Sorbonne.

Cohen Bendit

De fait, ici, nous occupons la Sorbonne !

Voix off

Mais très vite, les forces de l’ordre pénètrent dans l’Université pour évacuer les étudiants. Les premiers pavés sont lancés. De violents affrontements éclatent. La tension monte d’un cran.

Archive

La poussée de fièvre a surpris par son ampleur et le degré de sa violence. Une violence qu’on n’avait pas connue ici depuis longtemps.

Voix off

Près de 400 étudiants sont arrêtés. La semaine suivante, l'agitation se propage dans les villes de province. Le mouvement prend de l'ampleur, les étudiants sont dans la rue.

Le 10 mai, des dizaines de milliers d'étudiants rejoignent les manifestations. Quand la nuit vient, la violence atteint son paroxysme. Paris prend des allures de bastion révolutionnaire. Au petit matin, le quartier latin semble avoir été balayé par une tornade.

Archive

Et tandis que l’on fait le bilan de la nuit, on se demande ce que réserve la nouvelle journée qui commence.

Voix off

Le 13 mai, les syndicats appellent à la grève et les travailleurs descendent dans la rue. À la fronde étudiante se greffe alors un vaste mouvement social. Des manifestations massives éclatent dans tout le pays, les ouvriers qui réclament de meilleures conditions de travail et de salaire, occupent les usines. En quelques jours, la France est paralysée par le plus important mouvement de grève de son histoire : près de dix millions de personnes y participent.

Ouvrier (archive)

Avec la retraite qu'ils vous donnent, vous savez, c'est pas beau.

Message

Et le général de Gaulle ?

Voix off

La gravité des événements semble d’abord échapper au général de Gaulle et à son Premier ministre.

George Pompidou, Premier ministre

Si je puis vous résumer l’opinion du président de la république : c’est « la réforme oui, la chienlit non ».

Voix off

Mais le 24 mai, alors que la France est encore dans la rue, le général de Gaulle s’adresse aux français.

Le général de Gaulleprésident de la République française

Tout le monde comprend évidemment quelle est la portée des actuels événements universitaires puis sociaux.

Manifestants

Il a dit n’importe quoi ! Il a dit n’importe quoi !

Voix off

De nouvelles violences éclatent. Une nouvelle nuit des barricades commence. Le lendemain, le premier ministre, Georges Pompidou, promet des avancées sociales et commence des négociations avec les syndicats. Elles aboutissent aux accords de Grenelle qui proposent notamment une augmentation des salaires, une réduction du temps de travail, la mise en places d’allocations familiales… Mais, jugés insuffisants, ils sont immédiatement rejetés par la rue et les grèves se poursuivent.

Manifestants

Gouvernement populaire ! Gouvernement populaire !

Voix off

Le 30 mai, le général de Gaulle préside un conseil des ministres puis fait connaitre ses décisions à la radio.

Le général de Gaulleprésident de la République française

Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. Je dissous aujourd’hui l’assemblée nationale.

Voix off

Dans la soirée, une foule de 500 000 personnes se rassemble sur les Champs-Élysées pour lui témoigner son soutien. Inquiets de la violence et l’agitation du pays, ces français s’en remettent à lui. L’ordre revient.

Un an plus tard pourtant, le général de Gaulle démissionne, n’étant plus soutenu par les Français. Mai 1968 aura-il eu raison de lui ?

Journaliste

La vie publique dans ce pays ne sera probablement plus après ce qu'elle était avant.

Antoine, chanteur

Oh yeah !

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