Les émoticônes

Une ponctuation expressive, un petit signe familier entre le mot et l’image. À la découverte de ce nouveau langage !
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Publié le 28/03/2018 - Modifié le 25/04/2018
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Durée : 1:53
Disponible jusqu'au : 28/03/2023
Ce petit film d'animation décrypte l'évolution de la langue française à l'écrit et explique ce que sont les émoticônes.
Émoticône

La langue écrite évolue certainement moins vite que la langue parlée mais elle évolue quand même. Pendant longtemps on a pensé que l’écrit était réservé à un niveau de langue très correct, il s’ouvre aujourd’hui à des usages beaucoup moins stricts, parce qu’on écrit de plus en plus souvent de façon familière, surtout si on est pressé, si on utilise les nouvelles technologies, les SMS, les courriels… alors on abrège, on utilise des sigles mais aussi des images expressives, c’est ce qu’on appelle les « émoticônes ».

On dit parfois « smileys » quand on accepte l’anglicisme.

Alors, « émoticône », le mot est un peu long, il fait savant, mais il évoque deux idées principales : une émotion, « émo », et une image, « icône ».

Le mot « icône » évoque une représentation. On a mis un accent circonflexe sur le « o » pour ne pas avoir l’air de l’emprunter à l’anglais mais, même si les anglicismes font peur, on sait bien que c’est l’icône informatique qui est derrière. L’icône informatique, ce petit signe qui apparaît sur un écran d’ordinateur. Mais l’émoticône, c’est différent, il ne s’agit pas d’un bouton qui actionne une fonction quand on clique dessus, mais c’est un signe, on va le lire. Il indique une réaction émotive comme son nom l’indique, comme une ponctuation, non pas la ponctuation qui rythme la phrase, qui lui donne son allure, mais une ponctuation expressive, qui multiplie les émois.

L’émoticône peut servir par exemple de réponse. On peut écrire uniquement une émoticône pour montrer un enthousiasme, une perplexité, un refus, une colère… Est-ce que tu veux dîner avec moi ce soir ? Et on envoie un visage avec un sourire et un clin d’œil. Et on peut aller beaucoup plus loin qu’un simple point d’exclamation ou que le sourire du smiley. Un cœur brisé, un feu vert en disent beaucoup plus long qu’un long discours et les invitations sont très compréhensibles. Un café fumant, un ballon de rugby, une guitare… On est entre le mot et l’image.

Le mot pirate

Les pirates ont de beaux jours devant eux. En tout cas les domaines où ils s’illustrent se cessent de s’étendre au fur et à mesure des avancées de l’informatique. Et dans cette discipline on entend beaucoup parler d’eux en ce moment.

À tel point que le verbe « pirater » s’emploie pour des actions diverses. Le piratage informatique, il peut consister à accéder à des données dont l’usage est privé : on casse les codes, on vient à bout des verrous si on est assez habile pour le faire.

Mais on peut également pirater un film, se l’approprier sans payer. Et le mot s’emploie à propos du téléchargement illégal.

Et puis on pirate une adresse électronique quand on en prend le contrôle et qu’on répond à la place de son propriétaire.

Le succès du mot est étonnant ; il y a quelques années, on l’avait déjà utilisé à propos des radios qui émettaient sans autorisation. Et on voit bien qu’il évoque ceux qui défient la loi, souvent par goût du profit, parfois simplement pour se moquer du pouvoir. Il désigne ces malins qui veulent aussi prouver qu’ils arrivent à déjouer les protections les plus sophistiquées sans se faire prendre.

Alors cette ambiguïté, elle vaut aussi pour les pirates de jadis, les écumeurs des mers qui s’emparaient des bateaux : le capitaine à la jambe de bois et à l’anneau dans l’oreille, le marin au turban et au sabre d’abordage. Voilà des pirates plutôt sympathiques, alors que leurs modèles étaient certainement des tueurs sanguinaires.