Le thé (Sénégal)

Moussou révèle les secrets du thé, activité très prisée au Sénégal.
Distinguer les usages sociaux, rédiger une recette.
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Publié le 21/09/2014 - Modifié le 21/11/2016
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Durée : 4:04
Disponible jusqu'au : 31/12/2024
Moussou nous explique sa technique de préparation du thé.

Réalisation : Philippe Brachet
Chaîne d'origine : ARTE
Production : Sylvania Iorio et Anne Seymour
Moussou
 
Je vous invite chez moi à une partie de thé.
 
Le thé, nous l’avons hérité de nos voisins mauritaniens. Le thé, on le prépare après le déjeuner, ou entre amis, après le dîner, le soir. Suivant le nombre de personnes qui boivent : une demi-tasse pour chaque personne.
 
Maintenant, je vais mettre le thé.
 
Le thé, on le mesure selon le goût et l’heure. Le thé fort, on le prend après le déjeuner. Mais le soir, on le prend un peu plus léger, pour que ça n’empêche pas de dormir. Moi, je le préfère léger. Bon, je ne mets pas trop de thé. Le dernier verre m’a me servir à rincer, récupérer le thé qui est au fond.
 
Donc après ça, je laisse bouillir le thé à petit feu, je réduis le feu et je laisse mijoter. Je fais mijoter le thé fermé, la théière doit être fermée, hermétiquement fermée, c’est pourquoi je mets un petit bout, un petit bout de papier dans le bec, pour que ça ferme hermétiquement.
 
Les femmes, en général, les femmes mariées, le soir, après le dîner, elles organisent des séances de thé qui traînent en longueur. Le soir, on traîne en longueur pour retenir le mari à la maison. C’est ça. Il court, il court partout.
 
Et pendant ce temps, je nettoie les feuilles de menthe, je les pose dans une tasse. Le thé, on le boit avec de la mousse dans le verre. Il faut faire de la mousse dans les verres ; cela pour faire plus joli, plus présentable et ça permet aussi de traîner, d’allonger, de traîner en longueur.
 
C’est une touche sénégalaise, ça. Et toujours, on fait mousser un verre ou deux de trop. Parce qu’il peut arriver un invité et on lui fait croire qu’il était prévu. Et le dernier arrivé chez nous est le premier servi. Pour le mettre à l’aise.
 
Je vais sucrer. Et le sucre, c’est à volonté. 1, 2, 3. Je remets le thé qui était dans le verre et qui s’est refroidi entre temps. Voilà. Euh, la menthe, les feuilles de menthe, l’idéal, c’est de les faire infuser dans le verre et non pas de les bouillir dans la théière. J’éteins le feu. Et je remets tout à l’intérieur. Je verse dans un verre une première fois pour goûter le sucre. Parfait.
 
Isa jále [1]? Ça signifie : faites passer. Parce que dans l’assemblée, tout le monde n’est pas à côté de celui qui fait le thé. En donnant, on donne à celui qui est tout présent lui disant Isa jále? Même si on lui dit pas, il comprend tout de suite qu’il faut faire passer. Et celui qui est le plus proche est le dernier servi.
Neex  na de  [2] (c’est bon vraiment).
 

[1] Les textes en italique sont en langue wolof ; ils sont écrits en API