Le garçon aux grandes oreilles

Un gouverneur et un petit garçon qui cachent un terrible secret. Des coiffeurs trop curieux. Mais quel est donc ce secret ?
Découvrir des personnages récurrents dans les contes : les animaux.
Connectez-vous pour sélectionner une ressource.
Publié le 15/05/2017 - Modifié le 13/06/2017
ConteMoi-GarconGrandesOreilles-Video
© Tralalere
  • À propos
  • Liens
  • Transcription
  • Partager
Durée : 7:12
Disponible jusqu'au : 14/05/2019
Au palais du gouverneur, un lourd secret plane : le fils du hakem a de grandes oreilles…Et cette différence physique fait tellement honte au père du jeune garçon qu’il lui interdit tout contact avec l’extérieur. Quand le coiffeur vient lui couper les cheveux, il doit jurer de ne jamais révéler le secret...ou on lui coupera la tête !
Production : Tralalere
Le garçon aux grandes oreilles
D’après la tradition orale du Maroc
 
 
Marche aujourd’hui, marche demain. Plus tu marcheras, plus tu iras loin.
 
Très loin d’ici, vivait un hakem, un gouverneur. C’était un homme puissant et craint. Mais malgré cela, il cachait un terrible secret : il avait honte de son fils. Honte ! Mais honte de quoi ? Il avait honte de ses grandes et longues oreilles. De peur que la tare de son enfant ne soit connue de tous, son père lui demandait de cacher ses grandes oreilles sous une calotte.
 
Quand ses cheveux devenaient trop longs, un coiffeur venait directement dans sa demeure. Ce dernier devait jurer de ne poser aucune question et de garder le secret. Notre coiffeur jura, mal lui en prit ; maintenant, il n’y avait qu’une seule question qui tournait dans son esprit : pourquoi le fils du hakem avait-il de longues oreilles ? La curiosité fut plus forte que le secret. N’en pouvant plus, un jour, il posa la question qui le hantait. Comme d’habitude, on le laissa couper les cheveux de l’enfant, mais à peine eut-il terminé son travail qu’on se saisit de lui … et qu’on lui coupa la tête.
 
Tous les coiffeurs qui lui succédèrent connurent le même sort. Aucun n’était capable de tenir sa langue et tous craignaient d’être appelés dans la demeure du gouverneur. Un jour il convoqua un coiffeur qui avait la réputation d’être discret. C’était vrai : il vit les longues oreilles et ne posa aucune question. Avant de repartir le père lui rappela ce qui l’attendait s’il ébruitait le secret : il aurait, comme tous les autres, la tête tranchée.
 
De retour chez lui, le pauvre coiffeur ne se doutait pas que ce secret allait envahir et occuper son esprit jour et nuit. Il devenait tellement lourd à porter qu’il avait l’impression d’avoir le corps lourd. Plus les jours passaient, plus il lui était intenable de tenir cette vérité. Un beau matin n’en pouvant plus, la main sur la bouche, il se précipita vers un puits isolé et là, se pencha sur la margelle, il cria de tout son souffle : « Le fils du gouverneur a de grandes oreilles ! Le fils du gouverneur a de longues oreilles ! Le fils du gouverneur a de grandes oreilles ! Le fils du gouverneur a de longues oreilles ! »
 
Une grenouille au fond du puits l’entendit. De sa voix de grenouille elle coassa : « Le fils du gouverneur a de grandes oreilles ! Le fils du gouverneur a de longues oreilles ! »
 
Un pigeon qui se désaltérait l’entendit et il roucoula : « Le fils du gouverneur a de grandes oreilles ! Le fils du gouverneur a de longues oreilles ! »
 
Le corbeau qui passait par là l’entendit et il croassa : « Le fils du gouverneur a de grandes oreilles ! Le fils du gouverneur a de longues oreilles ! »
 
Tous les autres oiseaux l’entendirent et en volant au-dessus de la ville ils chantèrent : « Le fils du gouverneur a de grandes oreilles ! Le fils du gouverneur a de longues oreilles ! »
 
La rumeur se répandit dans toute la ville et tous les enfants chantaient : « Le fils du gouverneur a de grandes oreilles ! Le fils du gouverneur a de longues oreilles ! »
 
La nouvelle arriva aux oreilles du gouverneur, il devint fou de rage. Il se promit qu’avant de trancher la tête du coiffeur coupable, il lui ferait avaler sa langue. Tout tremblant, notre pauvre coiffeur jura et nia qu’il n’avait révélé ce secret à personne. Quand le fils entendit le coiffeur, il dit à son père de croire en ses paroles car cet homme était sincère. Il lui dit aussi : « Mon père, puisque tout le monde est au courant, il n’y a plus lieu d’en vouloir à tous les coiffeurs. Ni toi, ni moi n’auront plus à rougir de cette différence. » On relâcha le coiffeur, soulagé d’avoir encore sa tête sur les épaules. Quant au fils du gouverneur, libéré de sa honte, il se promenait désormais tête nue.
 
Mon conte est parti avec la rivière et moi je suis resté avec les fils des généreux.