Brexit : chronique d’un divorce annoncé

Le Brexit a surpris toute l’Europe et pourtant…
Faire des choix pour illustrer son point de vue (A2), donner son opinion sur le Brexit (B1), analyser l’angle du reportage (B2).
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Publié le 07/07/2017 - Modifié le 07/07/2017
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Durée : 1:29
Disponible jusqu'au : 21/07/2017
Le reportage revient sur l'histoire commune du Royaume-Uni et de l'Union européenne pour tenter d'expliquer le Brexit.
Chaîne d'origine : France 2
Voix off

Tout est là, résumé dans la dernière Une du Sun hier : un soleil radieux qui se lève sur une Grande-Bretagne enfin libre et trois mots en trois langues, « farewell », « auf Wiedersehen », « adieu » qui claquent, pas vraiment comme un au revoir, mais plutôt comme un bras d’honneur.

Au cours de ses 43 ans de mariage avec l’Europe, le Royaume-Uni a toujours soufflé le froid et le chaud. Même avant les noces, Winston Churchill dit un jour « I love you » …

Winston ChurchillPremier ministre du Royaume-Uni de 1951 à 1955

[...] We cannot aim at anything less than the Union of Europe as a whole.

[Sous-titres] On ne peut rien viser d’autre, que l’Union à terme de l’Europe comme un tout.

Voix off

… et un autre, « moi non plus ». Comme cet épisode où il confie à De Gaulle : « entre l’Europe et le grand large, nous choisirons toujours le grand large ». Une phrase que le Français n’oubliera jamais quand, dans les années soixante à deux reprises, le Royaume-Uni frappe à la porte de la jeune Europe.

Éric Simonhistorien

Je me souviens des journaux britanniques qui titrent en gros, qui montrent une caricature de De Gaulle avec son nez, son képi : « The General says no1 ». Alors oui, de Gaulle disait non, et il avait peur que les Anglais – et il avait raison – ne suivent pas les règles du marché commun à l’époque, voilà.

Voix off

Le Royaume-Uni intègre finalement l’Europe en 1973, mais dès les années suivantes, la jeune mariée est d’humeur changeante. Elle s’appelle Margaret Thatcher. La « Dame de fer2 » qui ne voyait dans l’Europe qu’un marché économique passera ses mandats à décocher ses flèches : sur son porte-monnaie …

Margaret Thatcher, Première ministre

[...] It is asking the Community to have our own money back

[Sous-titres] Je veux qu’on nous rembourse notre argent !

Voix off

… sur sa défense…

Margaret ThatcherPremière ministre

[...]They're a weak lot, some of them in Europe, you know. Weak, feeble ;

[Sous-titres] Il y a beaucoup de faibles en Europe. Des pays faibles, fragiles...

Voix off

… ou sur l’organisation de l’Europe.

Margaret ThatcherPremière ministre

[...] He [the President of the Commission, Mr Delors] wanted the European Parliament to be the democratic body of the Community, he wanted the Commission to be the Executive and he wanted the Council of Ministers to be the Senate. No. No. No !

[Sous-titres] Ils veulent que le Parlement européen soit le corps démocratique, la Commission, le pouvoir exécutif et le Conseil, le Sénat. Non, non, non !3

Voix off

Non à l’espace Schengen, non à la monnaie unique. Comble de la défiance, en 1990 avec cette Une ordurière du Sun4, toujours, adressée à Jacques Delors et à son euro. Que ce soit sa presse populaire ou son parti conservateur eurosceptique depuis un demi-siècle, il n’est finalement pas surprenant que le Royaume reprenne aujourd’hui le large… même si personne ne sait s’il sera grand.

 

1 Traduction : le Général dit non.

2 Surnom donné à Margaret Thatcher, Première ministre britannique.

3 Thatcher parle dans cette citation de ce que lui aurait dit Jacques Delors, président de la Commission européenne de 1985 à 1995.

4 Note culturelle : le signe V avec le dos de la main, comme sur la couverture du Sun, est une insulte au Royaume-Uni. C'est l'équivalent du doigt d'honneur.